Veille Scientifique étudiante concernant la cognition partagée (SharedCognition) et la polarisation politique
Alimenté par : Claudia Dapino Ponel, Madeline Desmurs
Cette application est une plateforme collaborative de veille scientifique permettant d'importer des publications depuis PubMed, de suivre leur lecture, d'en extraire les éléments méthodologiques clés (protocole, variables, résultats), et de constituer une synthèse structurée pour faciliter la réalisation de revues de littérature.
Dernière synchronisation : 11/06/2026
Claudia Dapino Ponel · 14/06/2026
Assemblage d'article autour du paradigme de l'attention partagée (shared attention).
Un premier axe ressort autour des expériences partagées sans interaction, où la coprésence passive agit comme un amplificateur psychologique. Savoir que l'on traite un stimulus en même temps qu'un semblable crée une attention collective et une conscience méta-cognitive (Shteynberg, 2015, 2026 ; Shteynberg et al., 2023) capables d'intensifier les émotions (Boothby et al., 2014). Les données récentes sur l'écoute audio révèlent que la simple présence physique d'un voisin brise la synchronisation automatique dictée par le stimulus au profit d'une vigilance sociale partagée, transformant une expérience passive en une co-construction inconsciente (Notes, 2026).
Un second axe explore les dynamiques de co-action et d'interaction directe, démontrant que la présence d'autrui peut agir comme un filtre attentionnel qui rétrécit le focus visuel pour éliminer les distractions (Huguet et al., 1999), bien que cet effet s'annule sur des tâches de détection visuelle ultra-basiques où le cerveau choisit d'ignorer le voisin (Dosso et al., 2018). Dès que la tâche se complexifie, la co-action réimpose ses contraintes : partager un espace avec un partenaire aux focalisations divergentes crée un conflit attentionnel automatique qui ralentit les performances individuelles (Böckler et al., 2012).
Un troisième axe montre que l'attention conjointe est le moteur de l'affiliation sociale, le simple fait de synchroniser son regard sur un même espace (Wolf et al., 2016) générant un rapprochement. Mais ce bénéfice dépend de la distance psychologique et s'effondre lorsque le partenaire est perçu comme un rival (Wagner et al., 2017).
Rapport avec la note
Lorsque deux personnes portent leur attention sur le même objet en silence, les ressources mentales allouées à ce stimulus augmentent. L'expérience devient plus saillant même sans interaction.
Rapport avec la note
(Article de revue de littérature)
L'attention partagée (shared attention) crée un état mental unique (la perspective du "nous") qui priorise cognitivement l'information.
Les informations reçues sous attention partagée sont mieux retenues et jugées plus importantes.
L'attention partagée amplifie la "contamination" émotionnelle et l'humeur. La peur est plus forte face à un danger partagé et le plaisir est plus fort face à un contenu agréable.
Le fait de savoir que d'autres partagent le même objectif booste l'effort individuel sans besoin d’interaction.
Internet et ses outils (streaming en direct, réseaux sociaux, notifications de présence en ligne) agissent comme des amplificateurs d'attention partagée à distance.
Rapport avec la note
Article non disponible gratuitement. Intéressant pour la notion de "méta-attention collective" ou "the attention to the attention of collective minds"
Dans "Rapport and collective attention: How we predict others will share
knowledgeknowledge", Andrew S. Heim, 2024
Citation : Further propositions have pointed to states of collective attention as a
potential solution to the problem of common knowledge in that everyone must
know that everyone knows something in order to act concerning an object of
collective attention (Shteynberg et al., 2020).
Rapport avec la note
Article non trouvé gratuitement...
L'article met en avant que :
* L'information encodée en relation avec un esprit collectif est psychologiquement amplifiée et priorisée dans la cognition individuelle.
* Se représenter comme faisant partie d'un esprit collectif renforce les liens relationnels et accroît la coopération, notamment lorsque cet esprit collectif est à la fois l'origine et la cible d'une représentation.
Rapport avec la note
Définition de l'attention de groupe: quand on regarde ou écoute quelque chose en même temps que des gens de notre groupe/pairs, notre réaction émotionnelle est beaucoup plus forte. Cela fonctionne même si on ne voit pas les autres et qu'on ne leur parle pas: le simple fait de savoir qu'ils partagent ce moment en simultané suffit à augmenter nos émotions.
Dans l'étude en laboratoire (Étude 2) La présence est réelle mais "aveugle"
Pour tester l'effet dans le monde "réel" pour prouver que cela ne fonctionnait pas qu'en simulation numérique.
Le cadre physique : Les participants (de vrais étudiants de la même université, donc des pairs) sont amenés physiquement dans une vraie salle de laboratoire.
Le protocole d'isolation : Pour prouver que l'effet ne vient pas de la communication (sourires, soupirs, regards), les chercheurs installent les participants dans des cabines ou derrière des cloisons opaques. Ils portent tous des casques audio réducteurs de bruit et ont l'interdiction stricte de parler ou de faire du bruit. Ils ne peuvent ni se voir, ni s'entendre.
La certitude de la simultanéité : Avant que l'expérience ne commence, l'expérimentateur (humain) dit à voix haute à tout le monde dans la pièce : "Je vais lancer le diaporama d'images sur grand écran, vous allez tous le regarder ensemble en même temps".
Rapport avec la note
Exemple d'expérience en neuroscience sur l'impact de la présence sociale :
Le participant réalisait une tâche "visuomoteur" sur un ordinateur avec une condition "isolé" et une condition "présence sociale" où un observateur entrait dans la pièce pour s'asseoir sur une chaise à côté de lui. Cet observateur restait totalement passif.
Résultat : la présence d'autrui agit comme un modulateur attentionnel direct qui augmente l'efficacité des synapses excitatrices, et plus précisément au sein des réseaux cérébraux de l'attention (le DAN et le VAN).
Mais attention...dans cette tâche, l'amélioration des performances motrices (vitesse de réaction) et cette modification au niveau des synapses n'ont été observées que chez les femmes.
Rapport avec la note
> Article sur l'impact de cette conscience attentionnelle sur l'apprentissage
L'article introduit la théorie de l'apprentissage collectif (collective learning) qui est le fait d'apprendre avec les autres en simultané (et pas seulement apprendre des autres par imitation). L'attention partagée en temps réel crée un "savoir commun" qui augmente l'efficacité de la mémoire, l'assimilation des informations et la cohésion du groupe.
Rapport avec la note
Étude française ! (Clermont-Ferrand)
Avec tâche de STROOP en laboratoire et manipulation de la présence d'un "autre" imprévisible ou non, avec comparaison sociale ou non.
Résultat : La présence d'autrui pousse le cerveau à rétrécir son focus attentionnel sur ce qui est strictement nécessaire à la tâche (la couleur) et à éliminer totalement les stimuli périphériques automatiques (la lecture du mot).
Rapport avec la note
Exemple d'expérience sur l'impact de la présence sociale avec résultat contradictoire au reste des articles:
Le participant réalise une tâche d'attention simple (l'amorçage spatial de Posner) sur un ordinateur avec une condition "isolé" et une condition "présence sociale" où il effectuait la tâche assis à côté d'un autre participant qui faisait le même test. Les deux pouvaient s'entendre appuyer sur leur clavier.
Résultat: la présence d'autrui et le fait d'entendre son comportement n'ont absolument pas affecté les performances ou l'efficacité sur cette tâche. Tâche trop basique sans enjeu social ?
Rapport avec la note
Le participant réalisait une tâche d'attention (la tâche de Navon) sur un écran avec une condition "isolé" et une condition "présence sociale" où il effectuait l'exercice assis côte à côte avec un autre participant. Le voisin devait soit se concentrer sur le même aspect visuel, soit sur un aspect totalement différent (= conflit attentionnel).
Résultat : Savoir que l'autre pose son attention sur un aspect différent de la tâche ralentit nos propres performances. Ici la co-présence, lorsqu'elle n'est pas passive mais qu'elle implique un conflit attentionnel, crée une interférence qui nous ralentit.
Rapport avec la note
Le participant réalisait une tâche de temps de réaction sur ordinateur assis côte à côte avec un partenaire, avec une condition "attention séparée" (chacun regarde son côté de l'écran) et une condition "attention conjointe" (les deux regardent et traitent les stimuli dans la même zone de l'écran).
Résultat : le simple fait de partager son attention sur un même espace visuel augmente automatiquement le sentiment de proximité et de lien social avec le partenaire, même sans interaction directe et même si chacun joue pour son propre score individuel.
Rapport avec la note
Le participant réalisait une tâche de tri d'images sur ordinateur à côté d'un partenaire, avec une condition "action conjointe" (chacun trie sa catégorie d'objets) et des conditions manipulant la proximité sociale (partenaire perçu comme un ami vs un rival de groupe), suivie d'un test de mémoire surprise.
Travailler à deux améliore la mémorisation des objets traités, mais cette augmentation d'efficacité de la mémoire n'a lieu que si le partenaire est perçu comme un ami ou un allié. S'il est perçu comme un rival, l'esprit bloque ce mécanisme et les performances redescendent.
Rapport avec la note
Expérience française !
Le sentiment de connexion entre deux personnes qui partagent une expérience ne dépend pas d'une synchronisation parfaite de leurs corps ou de leurs émotions (comme avoir le rythme cardiaque qui s'accélère exactement au même instant). Ce qui crée le lien social, c'est le fait de vivre un moment de forte intensité émotionnelle tout en étant pleinement conscient de la présence de l'autre.
> Mais ensemble dans la même pièce et non numérique
Rapport avec la note
Sans interaction ni présence : L'attention sur un contenu est maximale et standardisée ; le stimulus dicte les réactions du groupe de manière synchrone. Toutes les personnes individuellement ont les même réactions.
Avec simple présence (Sujets en paire sans parole) : La simple présence physique et visuelle d'un autrui "écrase" cette synchronisation collective induite par le stimulus. L'attention bascule d'un objet partagé (l'audio) vers une vigilance sociale partagée (l'autre), transformant une expérience passive en une co-construction dynamique inconsciente.