Attention partagée et cognition sociale

Shared experiences are amplified.

Psychol Sci . 2014;25 (12) :2209-16

Résumé

In two studies, we found that sharing an experience with another person, without communicating, amplifies one's experience. Both pleasant and unpleasant experiences were more intense when shared. In Study 1, participants tasted pleasant chocolate. They judged the chocolate to be more likeable and flavorful when they tasted it at the same time that another person did than when that other person was present but engaged in a different activity. Although these results were consistent with our hypothesis that shared experiences are amplified compared with unshared experiences, it could also be the case that shared experiences are more enjoyable in general. We designed Study 2 to distinguish between these two explanations. In this study, participants tasted unpleasantly bitter chocolate and judged it to be less likeable when they tasted it simultaneously with another person than when that other person was present but doing something else. These results support the amplification hypothesis.

HypothĂšses

Le simple fait de partager une expĂ©rience simultanĂ©ment avec quelqu'un d'autre (mĂȘme en silence et sans communiquer) amplifie l'intensitĂ© de cette expĂ©rience.

L'expérience partagée amplifie la perception globale (le bon devient meilleur, le mauvais devient pire) , plutÎt que de simplement rendre l'expérience globalement plus agréable en soi.

Population

Étude 1 : 23 Ă©tudiantes de premier cycle de l'universitĂ© de Yale (moyenne d'Ăąge : 19 ans).

Étude 2 : 22 Ă©tudiantes de premier cycle de l'universitĂ© de Yale (moyenne d'Ăąge : 19 ans).

Note : Échantillons uniquement fĂ©minins pour rĂ©duire la variance statistique.

Variables

Variable Indépendante (VI) : La nature de l'expérience, testée en plan intra-sujet (chaque participante passe par les deux conditions):

Condition partagĂ©e : La participante effectue l'activitĂ© en mĂȘme temps que le complice.
Condition non partagée : La participante effectue l'activité pendant que le complice fait autre chose.

Variables Dépendantes (VD) : * Appréciation du produit (goût, saveur, prix estimé).
Intensité perçue et niveau d'absorption dans la tùche.
Ressenti relationnel (connexion avec l'autre, appréciation du complice).

Protocole utilisé

Dispositif : La participante est installée cÎte à cÎte avec une fausse participante (une complice de l'expérience). Elles ont interdiction de communiquer (verbalement ou visuellement).

ScĂ©nario (Étude 1 - AgrĂ©able) : DĂ©gustation de deux morceaux de chocolat noir (70%) identiques. Dans un cas, le complice mange le mĂȘme chocolat ; dans l'autre, le complice regarde des peintures.

ScĂ©nario (Étude 2 - DĂ©sagrĂ©able) : DĂ©gustation de "substituts de chocolat" amers (chocolat Ă  90%). Dans un cas, le complice mange aussi (un carrĂ© sucrĂ© en secret) ; dans l'autre, le complice analyse des brochures de calculatrices.

Couverture : Les participantes croient évaluer des produits différents à chaque essai et pensent que l'ordre des tùches est aléatoire pour les deux.

Outils de mesure

Échelles de notation (0 Ă  10) : Questionnaires immĂ©diats sur papier aprĂšs 50 secondes d'activitĂ©.

Format des questions : Évaluation du goĂ»t ("À quel point aimez-vous..."), de l'intensitĂ©, de la concentration, et du sentiment "d'ĂȘtre sur la mĂȘme longueur d'onde".

Questionnaire final libre : Pour vérifier si elles ont capté la supercherie (aucune n'a grillé que les chocolats étaient identiques ou que le complice influençait leurs notes).

Résultats principaux

Étude 1 (Chocolat agrĂ©able) : Le chocolat est jugĂ© significativement plus apprĂ©ciable (7,00 vs 5,46) et plus savoureux (6,83 vs 5,57) dans la condition partagĂ©e.

Étude 2 (Chocolat amer) : Le chocolat est jugĂ© significativement moins bon (2,45 vs 3,16) lorsqu'il est consommĂ© en mĂȘme temps que l'autre.

Effets secondaires : En condition partagĂ©e, les participantes se sentent plus "sur la mĂȘme longueur d'onde" et rapportent une tendance Ă  ĂȘtre plus absorbĂ©es par le stimulus.

Conclusions des auteurs

Le simple fait de savoir qu'une autre personne vit la mĂȘme expĂ©rience sensorielle que nous suffit Ă  en amplifier les propriĂ©tĂ©s psychologiques (positives ou nĂ©gatives).

Ce phénomÚne se produit de maniÚre totalement inconsciente : les participantes n'attribuent jamais leur changement de perception à la présence de l'autre.

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