Numérique : perception de la présence d'autres individus dans un environnement numérique sans interaction

The effects of social presence on cooperative trust with algorithms.

Sci Rep . 2023;13 (1) :17463

Résumé

Algorithms support many processes in modern society. Research using trust games frequently reports that people are less inclined to cooperate when believed to play against an algorithm. Trust is, however, malleable by contextual factors and social presence can increase the willingness to collaborate. We investigated whether situating cooperation with an algorithm in the presence of another person increases cooperative trust. Three groups of participants played a trust game against a pre-programmed algorithm in an online webhosted experiment. The first group was told they played against another person who was present online. The second group was told they played against an algorithm. The third group was told they played against an algorithm while another person was present online. More cooperative responses were observed in the first group compared to the second group. A difference in cooperation that replicates previous findings. In addition, cooperative trust dropped more over the course of the trust game when participants interacted with an algorithm in the absence another person compared to the other two groups. This latter finding suggests that social presence can mitigate distrust in interacting with an algorithm. We discuss the cognitive mechanisms that can mediate this effect.

Hypothèses

Les humains ont naturellement moins tendance à coopérer et à faire confiance à un partenaire de jeu lorsqu'ils savent qu'il s'agit d'un algorithme (IA/ordinateur) plutôt que d'un autre être humain.

Introduire une tierce personne humaine sous forme de "présence sociale" passive en ligne pendant l'interaction avec l'algorithme permet de réduire cette méfiance et de maintenir un niveau de coopération plus élevé.

Population

131 participants valides recrutés en ligne (répartis en trois groupes expérimentaux distincts).

Variables

Variables indépendantes : Contexte relationnel et de présence (3 conditions : interaction exclusive avec un humain / interaction exclusive avec un algorithme / interaction avec un algorithme mais en présence simultanée d'un observateur humain en ligne). Évolution temporelle (progression au fil des tours du jeu).

Variables dépendantes : Confiance coopérative (mesurée par le montant d'argent virtuel transféré au partenaire au cours du jeu), évolution du taux de coopération dans le temps.

Protocole utilisé

Expérience en ligne basée sur le "Jeu de la confiance" (Trust Game) composé de 30 essais consécutifs.

Le participant reçoit 10 unités de monnaie à chaque tour. Il doit décider quelle part il envoie à son partenaire. Cette somme est triplée par le système. Le partenaire (qui est en réalité TOUJOURS un algorithme programmé de la même façon pour renvoyer une mise équitable) choisit ensuite combien il restitue au joueur.

Le premier groupe croit jouer contre un humain. Le deuxième groupe sait qu'il joue contre un algorithme. Le troisième groupe sait qu'il joue contre un algorithme, mais l'interface lui indique qu'un autre humain est connecté en ligne au même moment pour observer ou participer indirectement.

Outils de mesure

Enregistrement comportemental informatique : calcul exact des montants financiers partagés à chaque tour de jeu (reflet direct du degré de confiance).

Questionnaires post-expérience : pour évaluer la perception du partenaire (crédibilité, intentionnalité).

Résultats principaux

Les participants coopèrent initialement beaucoup plus lorsqu'ils pensent interagir avec un humain plutôt qu'avec un algorithme seul.

Face à l'algorithme seul, la confiance et les montants partagés s'effondrent très rapidement et continuellement au fil des tours.

De manière cruciale, lorsque l'algorithme est associé à la présence en ligne d'un tiers humain (condition 3), cette dégradation de la confiance est fortement freinée : les joueurs restent coopératifs, maintenant un niveau de confiance similaire à celui observé dans une relation purement humaine.

Conclusions des auteurs

La simple conscience qu'un "autre" humain partage le même espace numérique (présence sociale) modifie notre disposition psychologique, même si notre interaction directe se fait avec une machine.

La co-présence d'un semblable humain agit comme un pont social qui humanise la situation numérique, limitant le cynisme et la méfiance automatique que nous développons naturellement envers les systèmes algorithmiques et les intelligences artificielles.

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